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samedi 18 juillet 2026

Laghouat, n'oubliez pas la memoire de Bordj Abdallah

Pièce jointe photo : FB_IMG_1784372139986.jpg
Le 4 décembre 1852, après le génocide de Laghouat, les soldats français ont utilisé les 4 puits de J'nane Beylik comme charnier pour 565 chahids. 

Les 565 martyrs des puits de J’nane Beylik ne sont pas de simples chiffres dans un livre d’histoire ; ils sont la mémoire de Laghouat. 
En jetant ces hommes, ces femmes, ces vieillards et ces enfants au fond de ces puits obscurs, le colonisateur n’a pas seulement cherché à tuer : il a voulu effacer leur existence, scellant leur tragédie dans le silence. 
Pour détourner les regards de ce charnier insoutenable, l’histoire officielle française a longtemps mis en avant le cimetière des 40 martyrs de Kaf Ezzabech, abandonnant des centaines d’autres vies dans l’ombre de l'oubli.
​Mais on n'efface pas le sang des martyrs. 
Nos aînés jusqu'au années 80, porteurs d'une vérité sacrée transmise à voix basse de génération en génération, n'ont jamais oublié. En passant près de J’nane Beylik, ils s’arrêtaient, le cœur serré, pour réciter la Fatiha, arrachant un instant ces âmes à la nuit du désert. Aujourd’hui, le péril n'est plus la cruauté de l’oppresseur, c’est l'oubli de nos propres enfants.
​Depuis trois ans, l’Association Laghouat 4 Décembre 1852 se bat pour que s’élève enfin un mémorial digne des 3 656 martyrs de la prise de Laghouat. Cet hommage n'est pas une simple formalité, c'est un devoir absolu, une promesse sacrée exigée par ces pères, ces mères et ces enfants enfouis à vingt mètres sous terre, prisonniers de l'obscurité depuis décembre 1852, privés du repos d'une sépulture et d'une tombe où l'on peut se receuillir.
​Pour porter leur mémoire, le choix de Bordj Abdallah s’est imposé comme une obligation de la conscience. Il ne s'agit pas seulement de pierres, mais du symbole ultime du sacrifice. Bordj Abdallah fut le dernier rempart de la cité où nos résistants ont versé leur sang, debout, refusant la soumission jusqu'à la mort.
​En redressant cette Tour, face à l'Arc de Triomphe "Bab Dzaïr" ce monument de pierre dressé là-bas pour célébrer le massacre de notre peuple et la chute de notre ville, nous inversons le cours de l'histoire.  Reconstruire Bordj Abdallah, c'est graver dans la mémoire des Bni Laghouat un message universel et puissant : les armées peuvent écraser les corps et faire tomber les murs, mais elles ne vaincront jamais l’âme d’un peuple. 


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